A la veille de la dernière élection présidentielle du 9 octobre 2011, les observateurs extérieurs du jeu politique camerounais s’accordaient, tout au moins sur une chose : la victoire du candidat sortant, Paul Biya était acquise.La seule inconnue dans ce pronostic, qui s’est d’ailleurs révélé juste, apparaissait sous le prisme de la capacité de l’homme octogénaire à tenir ferme les rênes du pouvoir. Une appréhension que ces analystes justifiaient par le fait que «la santé du président est chancelante». Info ou intox ?
Paul Biya, semble encore tenir le coup. Encore pour longtemps ? Et, c’est la question au cœur des supputations qui reprennent du poil de la bête. L’avenir immédiat semblant détenu par l’héritier d’Ahmadou Ahidjo. Absence de structuration et de mobilisation véritable de l’opposition camerounaise, «virtualisation» progressive de la société civile locale et atonie de la société camerounaise dans son ensemble plaidant en faveur de nos analystes hexagonaux. Tout se jouerait donc au sein même du parti de Paul Biya.
Sous des formes multiples, les camarades de «l’homme lion» sont venus confirmer ces prévisions. Sous cape, des rumeurs (informations ?) savamment distillées, en tout cas émanant des cercles du pouvoir ont fait état d’une «short list» de potentiels dauphins du chef de l’Etat qui, selon les mêmes sources, s’en préoccupait avec un engouement certains. Des batailles larvées ont dès lors vu le jour. Des prétentions se sont faites chaires et, souvent, des têtes ont été roulées sur l’échafaud. Dans le dossier que Le Messager livre dans la présente édition, nous tentons d’évoquer, à la lumière des évocations récurrentes quelques dauphins putatifs de Paul Biya. Les noms des Amadou Ali, Laurent Esso, Edgar Alain Mebe Ngo’o, Martin Belinga Eboutou, Franck Biya et Marafa Hamidou Yaya sont souvent évoqués dans cette perspective. Vous dites supputations? Un débat qui a cours en raison, probablement, de l’arrestation de l’ex-Sgpr et ses sorties épistolaires qui sèment la pagaille dans le sérail.
|