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Entrées remarquables des jeunes et des femmes. Des technocrates au chevet d’une économie en transition. La deuxième équipe de Philémon Yang inquiète surtout au niveau de sa pléthore. Il faudra réussir à canaliser tous ces esprits.
Le premier gouvernement des « Grandes Réalisations » était très attendu. Il a donné droit à toutes sortes de supputations et d’interprétations malencontreuses. De retour à Yaoundé après s’être retranché à Mvomeka’a pour peaufiner sa nouvelle équipe, Paul Biya a d’abord donné l’alerte en créant un tribunal spécial chargé de juger les détourneurs des fonds publics.
Il a ensuite mis fin à la longue attente en communiquant son nouveau gouvernement dans un panoplie de textes réorganisant le fonctionnement de l’appareil étatique. C’était vendredi 09 décembre 2011 ; à 48h de la finale de la coupe du Cameroun dont il a présidé hier au stade Ahmadou Ahidjo ; et deux mois, jour pour jour, après la tenue de l’élection présidentielle.
C’est donc 37 ministres, 8 ministres délégués et dix secrétaires d’Etat qui auront la lourde responsabilité, sous la houlette du Premier ministre Yang Philémon, de mettre un terme aux souffrances endurées par le peuple camerounais. Une équipe homogène qui se caractérise par l’arrivée de nombreux jeunes à qui Paul Biya avait demandé de se préparer à la relève lors de sa campagne électorale. On peut dire qu’il a respecté cette promesse que se soit au secrétariat général de la présidence de la République, aux Finances, les Travaux Publics, l’Eau et l’Energie… Les jeunes ont pris le pouvoir. La balle est désormais dans leur camp et ils doivent prouver qu’ils méritent cette confiance en posant des actes positifs.
Double pari
Paul Biya a aussi parié sur les femmes. Une autre articulation de se propagande politique. Non seulement celles qui faisaient partie de l’ancienne équipe ont été toutes maintenues, le président de la République a nommé trois autres ; ce qui porte leur nombre à neuf. Très insuffisant tout de même pour cette couche qui constitue un poids démocratique important.
Son troisième septennat étant celui des « Grandes Réalisations » qui doivent transformer le Cameroun en un grand chantier, Paul Biya a insuffler du sang neuf au niveau de tous les ministères à caractère économique qui ont de nouveaux occupants. Le pays s’est engagé dans une dynamique de croissance ; il faut poursuivre sur cette lancée en réalisant de grosses recettes : 2800 milliards de Fcfa sont attendus l’année prochaine ; en améliorant la qualité de la dépense publique ; en trouvant des financements pour exécuter les projets structurants et en boostant le secteur agricole qui restant dépendant de l’extérieur.
Les nouvelles énergies qui arrivent sont des technocrates et il n’y a à priori pas de raison qu’ils échouent. Et pour faciliter cette efficacité, les ministres délégués et les secrétaires d’Etat ont été responsabilisés. Ils s’occuperont désormais des secteurs précis pour désengorger une machine administrative très lourde. A titre d’exemple, il y aura un secrétaire d’Etat spécialement chargé des routes ; un autre pour lutter contre les épidémies et les pandémies et enfin un secrétaire d’Etat se chargera de l’enseignement normal.
Innovations
Le gouvernement du 09 décembre est aussi celui qui apporte des innovations au niveau de la dénomination de certains ministères. Quatre départements ministériels changent d’appelation : les Domaines, le Cadastre et les Affaires Foncières ; la Jeunesse et l’Education Civique ; le Tourisme et les Loisirs ; l’Environnement, la Protection de la Nature et le Développement Durable. En outre, pour satisfaire sa clientèle politique l’élu du 09 octobre 2011 a conçu une équipe très pléthorique d’une soixantaine de membres (rien à voir avec les 16 ministres qui forment le gouvernement italien) qui vont grignoter une bonne partie du budget de l’Etat en termes d’entretien et de frais de mission. Des fonds qu’on aurait pu économiser en réduisant l’effectif dans un souci de bonne coordination de l’action gouvernementale.
Le volet reconduction gagne la palme d’or de cette nouvelle équipe. Plus de quinze ministres ont été reconduits à leurs fonctions ; une douzaine change de portefeuilles et sur ce plan, l’on s’interroge encore sur les nouvelles responsabilités attribuées à Louis Paul Motaze après un travail de titan abattu au ministère de l’Economie et de la Planification. Porte de sortie d’un éperviable ou simple rodage pour occuper de hautes fonctions prochainement ?
Tous les membres du gouvernement issus de la majorité présidentielle restent en poste ; une majorité qui a même été renforcée par l’arrivée de deux nouvelles figures de l’Undp, à savoir: Mme Dibong Marie Rose, Dga du Crédit Foncier du Cameroun, nommé secrétaire d’Etat chargé de l’Habitat et Mohamadou Ahidjo, le fils du défunt premier président du Cameroun nommé Ambassadeur itinérant à la présidence de la République. S’agissant de ce dernier qui vient de commémorer l’anniversaire de la disparition de son père, c’est peut-être le début d’un processus de réconciliation politique avec un pouvoir qui tarde toujours à rapatrier les restes de son géniteur inhumé à Dakar au Sénégal.
Au chapitre départs, le plus célèbre reste bien évidemment celui du ministre d’Etat, ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation M. Marafa Hamidou Yaya. Son départ annonce-t-il une tempête ?
D. Atangana
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