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Débat Fame Ndongo absent d’un débat sur la corruption PDF Imprimer Envoyer
Écrit par Mutations   
Samedi, 30 Juin 2012 10:09

jacques-fame-ndongoLe ministre de l’Enseignement supérieur s’est fait représenter par Félix Zogo. Le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques Fame Ndongo était la vedette de la « Grande palabre » organisée hier à l’hôtel Djeuga palace. Le thème en débat portait sur la : « Lutte contre la corruption : Pouvoir de justice, langage du politique et représentations collectives d’une quête laborieuse de la bonne gouvernance politico-économique ». Mais le ministre de l’Enseignement supérieur a déçu plusieurs participants à la conférence. Non pas par la qualité de ses interventions, mais parce qu’il n’était pas présent. Il s’est fait représenter par Félix Zogo, conseiller technique n°1 au ministère de la Communication.  Jean Paul Mbia, le chef de la cellule de communication du ministre Fame Ndongo, qui s’est déplacé sur lieux de la conférence, a indiqué que «  le Minesup préside la conférence des ministres de l’Enseignement supérieur de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac), dont les travaux se déroulaient  presqu’au même moment au Mont Fébé ». Nous avons par ailleurs appris qu’à l’heure de la conférence (14heures), Fame Ndongo et ses homologues attendaient d’être reçus par le premier ministre, Philemon Yang. Pourtant, d’après nos informations, le chancelier des Ordres académiques avait donné son accord de principe pour sa participation au débat.

Cette attraction du public relevait du fait le Pr Jacques Fame Ndongo n’aurait pas été à sa première participation à un débat entre universitaires.  Déjà en 2011, un débat violent et enrichissant l’avait a opposé à l’amphi 700 de l’université de Yaoundé I à Owona Ngui et à Claude Abe. Deux panélistes qui étaient également présents hier à la Grande palabre. Mais cette fois ci, ils étaient accompagnés de l’avocat d’Atangana Mebara, Me Claude Assira et du socio-politiste Alawadi Zelao.

Sur le fond, il était question d’après Jean Bosco Talla de « jeter un regard pluriel et croisé sur la lutte contre la corruption telle que modulée par les pouvoirs publics depuis quelques années ». Il s’agissait par ailleurs pour les différents acteurs de « scruter la lutte contre la corruption sous l’angle de l’action publique articulée par les acteurs institutionnels et de la société civile ». Ceci d’autant plus que Paul Biya, chef de l’Etat a déclaré le 15 septembre 2011 lors du 3ème congrès du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) que « personne ne pourra se considérer comme étant au dessus de la loi ».

Me Assira s’interroge : « Le but de l’Opération épervier est-il une mission visant à obtenir à tout prix une condamnation ? ». Réponse d’Owona Nguini et Claude Abé : « cette opération s’inscrit plus tôt dans la logique de l’affichage politique ». Owona Nguini va plus loin : « Les choses n’avancent pas malgré le programme « choc ». C’est juste un décor. Depuis six ou sept ans, on tourne en rond et il n’y a pas de texte pour la lutte contre la corruption ». Félix Zogo du Rdpc n’est pas passé par quatre chemins pour rappeler à ses co-panélistes que « les arrestations en cours traduisent la volonté du pouvoir de lutter contre la corruption ». S’agissant d’Atangana Mebara, il souligne que ce dernier est resté en prison parce que les avocats avaient fait appel ». A Me Assira de lui répondre violemment, mais avec élégance : « Soit on ne sait pas, soit on se tait ».

Au-delà des arguments juridiques et académiques mobilisés par les différents panélistes, l’ombre du chef de l’Etat aura plané sur le panel. C’est ainsi que pour recadrer les positions du Rdpc qui convoque ‘’pour le libéralisme communautaire’’ afin de justifier les actions en cours visant à lutter contre la corruption, le philosophe Sindjoun Pokam rappelle que dans cet  ouvrage : « Les mots corruption, rigueur et moralisation n’existent nulle part ». A Owona Nguini de conclure qu’il s’agit de « la magie de la politique de dévoration qui permet à celui qui l’orchestre de manger ses enfants ».

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réactions  

 
0 #1 Georges 01-07-2012 08:44
Le Cameroun est un État de droit qui se construit progressivement et solidifie progressivement ses institutions. Il est tout à fait normal qu'en ces moments il y ait des ratés, que des objectifs fixés au départ connaissent un léger retard dans leurs réalisations. Parce qu'on a à faire aux hommes, des êtres libres, doués d'intelligences et de volonté qui peuvent donc décider librement d'adopter une démarche contraire aux objectifs de départ. Ainsi, en est-il de la rigueur et de la moralisation et de la réception de ce projet. Certains camerounais, appelés pourtant à être des portes flambeaux de cet objectif noble, n'ont pas été à la hauteur. Qu'aujourd'hui, il leur soit demander de rendre des comptes, je ne vois pas pourquoi le premier réflexe est de politiser la chose. C'est possible. Mais si nous voulons combattre la corruption, il faut que nous acceptions volontiers que tout le monde peut être appelé à rendre compte de sa gestion du bien commun, quelle que soit la fonction.
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