Tout l’indique, à en croire des échanges réguliers entre le ministère du Travail et la présidence de la République. Tout commence le lundi 16 juillet dernier ; les employés de la Société internationale de transformation de fer (Sitrafer), bloquent la voie ferrée au quartier Bassa à Douala. En cause, le non règlement de leurs arriérés de salaires qui portent déjà sur 6 mois pour les petits agents et à 9 mois pour les cadres.
Cette grève faisait suite au non respect des engagements pris par la direction générale lors de la réunion de crise que le ministre du Travail et de la sécurité sociale, Grégoire Owona, avait présidée le 06 juillet et qui regroupait les syndicats des employés de cette société, son président du Conseil d’administration et ses actionnaires principaux que sont le ministère des Finances et la Société nationale d’investissement (Sni). Cette rencontre elle aussi faisait suite au mot d’ordre de grève lancé quelques jours plus tôt. Au sortir du conciliabule.
Grégoire Owona avait sommé les dirigeants de régulariser sous quinzaine cette situation
Le setting des employés sur la voie ferrée a amené Gérard Quentin, le directeur général de la Cameroon railway (Camrail), principal client de la Sitrafer, à émettre un communiqué de presse dans lequel il indiquait d’abord que le mouvement d’humeur était indépendant de la volonté de la société qu’il dirige. Il rappelle par la suite que Camrail « paie à échéance l’ensemble de ses fournisseurs dont Sitrafer conformément aux termes du contrat. Elle a depuis le début de l’année 2012 versé à Sitrafer environ 700.000.000 Fcfa Ttc au titre des travaux réalisés », précise la correspondance. Le directeur général de Sitrafer, Jacques Bimaï, ne dément pas cette information.
Mais il explique que les taxes étant retenues à la base par Camrail qui est collecteur d’impôts, le montant résiduel rentré dans les caisses de sa société ne s’élevait plus qu’à 556 millions de francs. Pour le Dg de Sitrafer, « c’est d’ailleurs cet argent qui a permis de couvrir les salaires de novembre et décembre 2011, et ceux de janvier, février et mars 2012 ». Les premiers bénéficiaires selon Jacques Bimaï « seraient les petits agents qui représentent 80% du personnel de Sitrafer ». A en croire le Dg, cet argent a également aidé à couvrir les retenus provenant des emprunts bancaires. Dans la soirée de lundi, le ministre du Travail et de la sécurité sociale, est une fois de plus de plus allé en sapeur pompier, négocier une trêve de 48h avec les grévistes. Celle-ci s’achève en principe ce matin.
Hier en début de matinée, il a saisi le Secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, pour lui signifier l’urgence pour l’Etat de trouver 360 millions de francs qui couvriraient tous ces arriérés de salaires pendant la trêve qu’il a pu obtenir des grévistes . Il entrevoit également qu’une restructuration soit faite pour une solution durable. Dans la foulée, le ministre serait favorable à une solution transitoire qui serait par exemple un comité de surveillance, afin de garantir la bonne utilisation de l’argent mis à disposition pour éponger le passif salarial de Sitrafer. Mardi 17 juillet déjà, le ministre du Travail sommait déjà le président du Conseil d’administration, Jean Mbida, de convoquer sans délai un conseil d’administration extraordinaire et éventuellement suivi d’une assemblée générale extraordinaire des actionnaires afin de reconfigurer éventuellement la structure dirigeante de la société. Lors de la cérémonie de signature de la Convention collective d’entreprise de Sitrafer le 21 février 2012 présidée par le ministre du Travail et de la sécurité sociale au Mont Febe Hôtel, le directeur général de Sitrafer avait reconnu que ce document était un grand moment pour l’ensemble du personnel, dirigeants y compris, et pour la vie de l’entreprise tout court. Les évènements courants semblent dire que ce fut un coup d’épée dans l’eau.
© Mutations : Jean de Dieu Bidias
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