Après le Conseil d’administration ordinaire de la Sodécoton tenu le 25 avril 2012, son directeur général a rencontré les journalistes. Pour taire de folles rumeurs. C’était au dixième étage d’un luxueux hôtel de la capitale. En compagnie de son adjoint, Henri Clavier, le directeur général de la Sodécoton en a profité pour retracer l’historique de la structure qu’il dirige et présenter aux journalistes ses principales activités. C’était en fait l’occasion de dévoiler les 19 ans de fonctionnement de la Sodécoton.
Selon Iya Mohammed, la Sodécoton se porte bien. Ainsi, a-t-il fait valoir un document de 40 éléments de gestion. Dans ce tableau, il est consigné que, de 1993 à nos jours, la Société de développement du Coton du Cameroun a versé dans les caisses de l’Etat, en termes d’impôts et taxes payés, la bagatelle somme 107,625 milliards de francs cfa. Pour la même période, la Sodécoton a réalisé des bénéfices nets de 30,472 milliards de Fcfa. Il est mentionné que de 2005 à 2008, cette société au service du développement rural intégré créée en mai 1974 et dont le siège social se trouve à Garoua – la cité capitale du Nord, a connu des pertes évaluées plus de 16 milliards de francs. Pertes couvertes par les contributions au fonds de soutien. Poursuivant dans cette lancée, la Sodécoton qui a fait plus de 05 milliards de bénéfices en 2011, encadre actuellement 149.000 hectares et 170.000 producteurs qui, selon le directeur général, deviennent de plus en plus professionnels. Pour le moins, il se félicite du bilan des 19 ans de fonctionnement de la Sodécoton.
Les chiffres de l’embellie
Par la suite, Iya Mohammed a révélé aux journalistes que la Sodécoton est actionnaire et administrateur de deux sociétés étrangères, avant de faire étalage des autres activités de la société à travers la Confédération nationale des producteurs de coton du Cameroun, le Projet de conservation des sols du Nord et de la Financière cotonnière du Cameroun qui, d’après le conférencier, est une Mutuelle mise sur pied pour acheter des actions au cas où la Sodécoton venait à être privatisée.
Après son adresse de près d’une heure d’horloge, Iya Mohammed a passé la parole à son adjoint, Henri Clavier, qui a présenté grosso modo le plan stratégique de la Sodécoton actuellement en cours d’exécution et ce jusqu’en 2015.
En somme, la Sodécoton c’est la création de richesse et de valeur ajoutée en milieu rural dans les régions de l’Adamaoua, l’Extrême-Nord et du Nord, avec plus de 50 milliards de francs cfa redistribués annuellement en milieu rural. La société totalise 1800 salariés permanents et 1500 saisonniers. La Sodécoton dont les actions sont détenues par l’Etat du Cameroun – 59%, Géocoton avec 30% et Smic qui contrôle 11%, est composée de 09 usines d’égrenage d’une capacité cumulée de 300.000 tonnes de coton graine, de deux huileries. Depuis le mois de mars dernier, Iya Mohammed est le président de l’Association cotonnière africaine. Il a été élu pour un mandat de deux ans. Elle a pour missions : la poursuite de la lutte contre les subventions, la relance de la production, l’amélioration de la qualité du coton, la diminution du coût des intrants et la vulgarisation de la fumure organique, le respect du caractère sanctifié des contrats, le rayonnement de l’Association, et la mise en place d’une politique locale de transformation du coton fibre pour lui donner de la valeur ajoutée et créer des emplois nouveaux. Ce pour le bonheur du coton africain.
Jean-Pierre Bitongo
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