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Comment freiner les ravages des pandémies et épidémies? PDF Imprimer Envoyer
Écrit par JDC   
Vendredi, 25 Mai 2012 15:07

vaccination-des-enfantsDepuis des décennies, le pays vit le désarroi en tant que théâtre de flambées épidémiques et pandémiques meurtrières telles que celle du choléra qui, déclarée en mai 2010 dans la région de l'Extrême-Nord avant de s'étendre à sept autres régions, s'est propagée sur toutes les dix régions du pays en 2011, mettant les autorités sur la sellette pour l'efficacité de leurs actions remise en cause. En résurgence, "la rougeole commençait à être classée comme un problème qui n'était plus un problème de santé publique", regrette le ministre de la Santé publique,

André Mama Fouda qui reconnaît volontiers une pro-activité insuffisante des services de ce domaine pour épargner à la population le désastre causé par les épidémies et les pandémies. L'état des lieux dressé par les autorités sanitaires rapporte par ailleurs 191 décès sur 2.733 cas de méningite bactérienne qui, de même que le choléra, a touché les dix régions camerounaises en 2011,l'Extrême-Nord et le Nord étant les plus touchés avec un total global de 87% des cas notifiés. Contre 33 décès sur 307 cas en 2010.

 

La poliomyélite poursuit également sa résistance, à l'origine de l'augmentation surtout du nombre annuel de cas de paralysie flasque aiguë de 198 en 2009 à 231 en 2010 et 263 en 2011. "Outre l'apparition des épidémies de fièvre hémorragique virale (Ebola, la fièvre de Marburg et la fièvre jaune) dans des pays voisins, qui ont plusieurs victimes tant animales qu'humaines, le Cameroun a connu au cours de la dernière décennie, l'émergence de plusieurs épisodes zoonotiques", confirme encore le ministère de la Santé publique. Pour la fièvre jaune, un des 34 pays africains à risque, le Cameroun dénombre 26 cas positifs sur 1.049 suspects investigués dont 10 décès en 2011. 499 cas positifs sur 2.700 prélèvements analysés sont rapportés en ce qui concerne la grippe humaine dont le virus de type B est présenté comme le plus fréquemment observé (53,9%), suivi des souches A-H1N1 (26,4%) et A-H3N2.

 

"Par ailleurs, bien que bénéficiant d'une attention particulière, marquée par l'existence des programmes de lutte bien organisés, le SIDA, le paludisme et la tuberculose restent une préoccupation majeure de santé publique au Cameroun", affirme en outre le ministre Mama Fouda. De sources officielles, le pays consacre près de la moitié (environ 40%) de ses budgets alloués au secteur de la santé pour financer ses actions de lutte contre les épidémies et les pandémies, ce qui 7% environ du budget total de l'Etat qui, pour l'exercice 2012, est établi à 2.800 milliards de francs CFA (5,6 milliards USD) contre 2.571 milliards (5,142 milliard USD) en 2011. Ce taux fait moins de la moitié de la prescription de 15% de l'Union africaine (UA) fixée lors d'un sommet des chefs dEtat à Abuja au Nigeria en 2001. Selon le ministère de la Santé publique, les principales sources de financement restent l'Etat (environ 80%), dont le système d'intervention de reste la gratuité ou la subvention. Mais des appuis significatifs proviennent aussi des partenaires internationaux tels l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds mondial de lutte contre le Sida, le paludisme et la tuberculose, et divers autres acteurs institutionnels et privés.

Des inquiétudes sont cependant exprimées suite aux prévisions qui annoncent pour les prochaines années "la rareté des financements due au désengagement de certains partenaires et à la nécessaire soutenabilité de la gratuité de la prise en charge de certains cas", relève André Mama Fouda Suite à la création d'un poste de secrétaire d' Etat chargé de la lutte contre les épidémies et les pandémies dans le nouveau gouvernement du 9 décembre 2011, explique-t-il, son ministère a décidé d'élaborer, avec la participation des partenaires, un "Document de stratégie gouvernementale et d'orientation en matière de prévention et de lutte contre les épidémies et les pandémies au Cameroun". Cinq grands axes d'intervention sont suggérés, comprenant la surveillance épidémiologique, la prévention, la préparation, la réponse en phase de crise et post-crise, le suivi, l'évaluation et la supervision.

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