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Motos taxis à Douala : Bon gré mal gré ! PDF Imprimer Envoyer
Écrit par camer.be   
Dimanche, 29 Juillet 2012 08:12

moto-taxi11Poussière, Fumée, et puis tintamarre à la vouvouzéla : Voici l’image  d’une ville dès son réveil. Voici Douala ! Au cœur d’une  intense activité des motos taxis, la capitale économique camerounaise  présente un spectacle très curieux à ses badauds et ne s’en cache d’ ailleurs pas. Petit chemin frayé entre plusieurs véhicules dans un tronçon embouteillé, inutile de croire que le bend skineur comme il est communément appelé n’a pas entendu le coup de sifflet de Monsieur l’agent.

 

Mais à quoi bon s’arrêter puisqu’un un seul objectif sans faille trotte dans sa tête: conduire à tout prix et surtout à tombeau ouvert le client accroché à lui. Un acte d’incivisme qui conduit souvent certains agents de sécurité routière à user de leur autorité sur d’autres usagers de la route autres que sur ceux là. Drôle de politique de gestion routière ! Et on se demande bien à qui on a à faire ?

 

De la vingtaine à la quarantaine d’années bien remplie, un T shirt , pull , gilet ou débardeur à l’ hygiène parfois très douteuse il ne reste plus qu’ à rassembler en poche  300 000 FCFA  environs. Direction : magasin de vente de motos la plus proche afin de rejoindre dans les rangs les milliers de nouvelles recrues !  Sitôt acheté, sitôt  au galop ! Car  après un ramassis de quelques notions de conduite arrachées ça et là, le tour est définitivement  joué .Et bienvenue l’inexpérience  et l’insécurité croisées  sur nos routes. Elles qui accouchent d’un incroyable désordre urbain .Mais tenez- vous tranquille, un regard jeté dans nos hôpitaux nous offre  bien plus que cette cacophonie routière. Jambes cassées par ci, visages défigurés et autres membres déformés quand ils ne sont pas amputés par là .Et cette vie basculée dans la force de l’âge, la faucheuse d’âmes l’a fait enduré à sa façon  à bien de personnes. N’allez surtout pas croire qu’un tel témoignage pourrait freiner  les ambitieux élans d’une clientèle fidèle.

 

Mobilité, rapidité et même fluidité  dans des zones difficiles d’accès. Voici là énumérés  quelques atouts et peut -être même les seuls  que draine l’usage d’un moyen de transport  qui serait hautement   apprécié dans un environnement plus discipliné. Car au fond, de tels résultats sont obtenus   au prix de la violation  de quelques  feux  de signalisation  qui brillent par leur rareté dans la ville de Douala , du non respect  du sens des panneaux d’ interdiction bref de la transgression  pure et volontaire du code de la route  , pourtant responsable  de multiples  cas de  collisions et accidents dans la cité urbaine. D’après un rapport du ministère de la santé un taux assez élevé  d’accidentés sont des victimes d’accidents de motos. Faut croire que les fauteurs de trouble jouent bien leurs rôles.  Avec de tels chiffres à la clé, rien d’alarmant au fond pour une société qui se refuse de les voir !  A l’image de ces agents de forces de l’ordre ayant décidé de prêcher par le mauvais exemple .

 

Que dire alors de ces mamans  qui  à défaut d’ être gênées ne sont aucunement interpellées par quelques  instances que ce soit et livrent  tout paisiblement dans le meilleur des mondes  un, deux voire  trois de leurs gamins  non seulement aux  chocs des  moindres soubresauts des motos empruntées mais également au contact avec dames  fumées et poussières nocives à la santé .Malgré la montée en puissance des bend sikins surélevés d’un parapluie , qu’il vente ou qu’ il fasse chaud , la vulnérabilité de ses usagers y est toujours  au rendez -vous .Puisque des organes comme la vue , la bouche , le nez ou tout banalement la peau sont sensiblement soumis aux microbes invisibles à l’ œil nu !Toc toc services de protection de l’enfant .Hé oh  , ministère de la santé publique . Et puis tanpis, l’habitude du silence fait partie des mœurs. Le cœur des affaires du Cameroun n’a qu’à continuer à offrir une belle plate forme de risques accidentogènes.

Bienvenue à Douala messieurs les touristes ! Et puis  pourquoi pas puisque parquées comme c’est souvent le cas en plein milieu de la chaussée au cœur d’un carrefour au su et à la vue de tous, nos conquistadors routiers n’ont aucun souci à se faire  avec le respect du code de la route .Quoi ? Vous avez dit code ? Il n’y en  a qu’un seul qui mérite d’être manié et outillé  à la lettre : ta mère pond, espèce de salopard, mouf, Regardez moi la bordelle là, …Inutile de croire cependant que pour nos orateurs, aucune autre forme de communication n’est possible ! Car transformés  dans l’urgence du moment, en de véritables miliciens, nos bend skineurs parviennent avec beaucoup de succès à jouer cette autre partition.  Justiciers, défenseurs des causes dont ils font et défont eux même les lois ou tout simplement même solidaires d’un métier qu’ils exercent !

 

Octroyez-leur la dimension que vous voulez, mais comprenez bien qu’il s’agit à l’ origine  pour cette activité de pallier non seulement les problèmes accrus de chômage mais aussi de tenter de résoudre l’équation de la desserte  du transport urbain. Initiatives louables mais pari perdu pour ces deux objectifs. Sans doute parce que pour l’un comme pour l’autre, comme  cela devrait être régit dans  tout secteur d’activité, une règlementation dudit domaine est à promouvoir et non forcément sa négation.  Mais on peut lire  dans  le caractère radical des propos de quelques uns que le rapport de force qui les lie aux bensd skineurs explique leur courroux. Véritables chasseurs de clients, les conducteurs de motos n’hésitent pas à ravir la vedette aux chauffeurs de taxi. Observations  faites, n’y voyez aucunement des raisons économiques  car bon  nombre de passagers  avouent qu’emprunter les motos taxis  leur  coûte parfois  la peau des fesses. Et pour cause : facture rallongée par le motoboy  pour quelques  maudits  kilomètres  parcourus seulement. (…).

Loin de la perspective radicale  de la fin de cette activité, il est bon de connaitre les raisons pour lesquelles l’annonce faite par l’ancien préfet du Wouri et relative à la règlementation de ce secteur  a si efficacement avorté. Devrait-on y lire la psychose d’un éventuel soulèvement populaire de cette frange de la société  camerounaise qui confie qu’elle accroit son chiffre d’affaire dans la circonscription de  Douala premier ? Car comment expliquez autrement  que seul Bonanjo ait connu l’effectivité de cette mesure ? Parce que quartier de pacha  à Douala, qui se refuserait de se frotter au brouhaha des motos taxis à moins  peut être  que Bonanjo  ne représente tout bonnement qu’un coup d’essai pour les prescripteurs de cette ordonnance ! La capitale politique du Cameroun, Yaoundé, n’a pas eu besoin de cette période d’essai et a eu droit à son coup de maitre !  Résultat : désengorgement plus ou moins effectif du trafic routier ! Allez savoir pourquoi ! Tout compte fait,  le projet d’identification véritable  des motos taximen si cher à Mr.Okala Bilai  tarde. Ce qui laisse clairement le soin à quelques véreux motoboys  de continuer  à arracher même à la mi journée  porte- monnaie, téléphones portables, bijoux et que sais- je encore sans aucune vergogne ni crainte d’interpellation !Pas de port de chasuble comme c’ est le cas chez notre voisin ouest africain le Bénin , pas de permis de conduite , pas de licence équivalent à zéro traçabilité . Il ne reste plus qu’à compter sur la prise de conscience des usagers des motos taxis. Remarquez, bon gré mal gré,  depuis le temps, que cet espoir là produits ses effets !

 

© Correspondance de : Sandra El
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