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Transports des journalistes à Lom Pangar: Polémique sur la gestion des frais de carburant PDF Imprimer Envoyer
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Écrit par cameroon-info   
Samedi, 11 Août 2012 11:39
Lom_Pangar80Dans le cadre de la cérémonie de pose de la 1ère pierre de la réalisation du barrage de retenue d’eau de Lom Pangar, à la région de Est du Cameroun, du ministre de la Communication a sollicité auprès du Dg des Impôts, le ministre du Commerce et du ministre de la Promotion de la femme de la famille, des «mesures bienveillantes» pour mettre à la disposition de son département ministériel un chauffeur et un bus à l’effet d’assurer le transport des journalistes accrédités, de Yaoundé à Lom Pangar.
Une somme de 100.000 Fcfa a été débloquée et remise à chacun des chauffeurs, pour effectuer le voyage. Fait assez curieux, les trois cars Coaster, une fois sur le site du barrage hydro-électrique, lieu de l’évènement, sont tombés en panne sèche. En plus d’affoler la grande majorité des invités sur les lieux, cet incident a créé un sentiment de malaise, de mécontentement et d’indignation tant au niveau des organisateurs de l’évènement que du côté des journalistes, obligés de quitter tardivement, le site de l’évènement ; de faire un voyage de nuit risqué au point d’arriver à Yaoundé au petit matin (03 heures) de samedi. Doit-on croire à une improvisation, à l’amateurisme, ou une façon « inacceptable » de torturer les hommes de médias ? Lorsqu’on connaît le mauvais état de la route, la prédominance des grumiers et autres engins lourds sur la traversée de la route à ces heures de la nuit, à qui profite cette stratégie « macabre » de mettre en danger la vie des journalistes ?

« Nous avions de vieux bus qui ont plus de 20 années d’âge. Le transport aller et retour Yaoundé-Lom Pangar- Yaoundé, avoisine un peu plus de 1.060km. Il fallait prévoir environ, une somme de 150.000fcfa de carburant pour chaque bus. Nous avons approché les responsables du ministère de la Communication en charge de ce dossier, mais ils nous ont rassurés que le reste de la logistique suivra. Il n’en a rien été. A Bertoua où nous avons fait escale, on nous a remis une somme de 20.000fcfa ; même que nous avons dormi à la belle étoile. Pire, nous n’avons rien mangé à Lom Pangar. Personne ne s’est occupé de nous, on était comme des fils d’esclaves » expliquent un des chauffeurs. Ses camarades et lui affirment qu’il y a eu un manque de cohésion et de synergie. Ce qui a fragilisé leur moral et leurs énergies.

L’argumentaire des chauffeurs des trois bus, est facilement démonté par Simon-Pierre Kooko, le chef de mission pour le compte du Mincom, s’agissant de la délégation médiatique. « Selon nos estimations, le voyage en question, effectué dans les mêmes conditions, a une consommation en carburant évaluée à 70.000 Fcfa en aller et retour. Beaucoup des chauffeurs ayant fait le parcours, l’ont confirmé. Mais nous avons voulu responsabiliser les chauffeurs en leur donnant la liberté de gérer chacun, la somme de 100.000 Fcfa de carburant. Mais la conspiration et le débrayage qu’ils ont orchestrés, en plus de l’humiliation et le mécontentement que cela suscite, laisse croire que nous avons eu tort. Nous aurions pu contrôler l’approvisionnement à partir de la pompe », explique Simon-Pierre Kooko. En même temps qu’il est curieux de constater que les trois chauffeurs tombent en panne sèche au même moment, on hésite à penser qu’ils ont valablement utilisé la somme de 100.000fcfa chacun, pour faire le plein-du-réservoir. Mais ayant vainement attendu les commodités d’usage et le reste des frais qui d’après eux, allait suivre, ont-ils exercé de la surenchère et un chantage déguisé pour mettre en déroute ou faire pâlir de rage le chef de la délégation ? Doit-on penser qu’il y avait un agenda caché, sinon, une impression de sabotage, comme il se murmure, dans le but de donner une « leçon » au ministre Issa Tchiroma, devenu aux yeux de certains, « le mouton noir » que certains apparatchiks et ferrailleurs de la mangeoire du Rdpc, veulent envoyer à l’échafaud ?


Des provisions financières au dessous des prévisions


« Face au chantage des chauffeurs, nous avons dépensé pour les trois bus, 105.000fcfa de frais de carburant supplémentaire. Pour le chauffeur du bus du Mincommerce, nous avons été amenés, pour éviter la catastrophe, à débourser un ajout de 20.000fcfa. Tout était fait comme si sous le boisseau, il y avait une réelle intention de nuire. Dans l’esprit des chauffeurs, ils croyaient que le ministère de la Communication, disposait d’une grosse enveloppe chargée d’argent que je retenais par devers moi. Et pourtant, la mission n’était pas aussi juteuse que l’on croyait. Les chauffeurs qui ont reçu 20.000fcfa de frais d’hébergement à Bertoua, peuvent s’estimer heureux ; contrairement aux journalistes qui n’ont reçu que 10.000fcfa, pour la même cause. Les avantages que les chauffeurs ont eu, ne leur permettaient pas de créer de tels désagréments » explique Simon-Pierre Kooko. « Il est important de savoir que contrairement à ce qui a été dit avec emphase sur le fait que le ministère de la Communication avait reçu de EDC, beaucoup d’argent, il n’en est rien. Nous avons reçu une avance de deux millions », explique le secrétaire particulier du Mincom, Djibrilla Adamou, qui brandit la feuille de décharge qu’il a lui-même signée. A le croire, en débloquant dans cette somme, les 300.000fcfa de frais de carburant, le reste n’était pas suffisant pour assurer le minimum vital aux 150 journalistes ayant fait le déplacement. Même si les chauffeurs qui ont un autre son de cloche, pensent que la volonté de les traiter de manière inhumaine était perceptible. « Personne n’a eu les frais de mission. Il y a eu juste des facilitations. Par le passé, à Bamenda, Ebolowa (Memve’ele), Kribi… Lorsqu’il y a eu des frais de mission, les chauffeurs ont toujours été désintéressés. Cette conspiration doit être frappée de lourdes sanctions au cas où, la hiérarchie serait d’avis avec moi » conclut Simon-Pierre Kooko.
Souley ONOHIOLO


Focal: L’urgence d’assainir

215. Tel est le nombre des journalistes ayant été accrédités par les services « techniques » du ministère de la Communication, pour la couverture de la pose de la 1ère pierre à Lom Pangar. Il n’est pas exclu, qu’on avoisine le nombre de 500 journalistes à transporter sur le site, lorsqu’il faudra inaugurer cet ouvrage. Même s’il n’en existe pas autant, il faudrait en créer. A en croire les informations disponibles auprès du chef de mission, environ 165 hommes de médias, ont fait le déplacement de Lom Pangar. Reste qu’il y a un premier hic. Au cours des différentes séances de travail entre le Mincom dont le chef de pool était le conseiller technique, Félix Zogo et les responsables de l’entreprise Edc, qui prenait en charge la logistique, les estimations étaient portées sur la prise en charge de 150 journalistes. Une opération qui est tout à fait onéreuse, au regard des prévisions. Selon nos sources, chaque journaliste devait percevoir un per diem de 50.000Ffca ; en dehors des 10.000fcfa de frais d’hébergement et le transport qui était assuré pour le collectif.

Une simple arithmétique révèle que pour cette opération, Edc, devait débourser rien que pour les medias, une somme de près de 10 millions de FCfa. Soit, 7.500.000fcfa, rien que pour le per diem des journalistes. Juste pour la pose de la 1ère pierre. Allez donc savoir, ce que cet évènement a coûté en grandeur nature de manière générale, à la fortune publique.

S’agissant de la descente des journalistes, l’on peut s’interroger sur les attentes liées à une telle mobilisation médiatique ; lorsqu’on sait que parmi cette meute de journalistes qui a pris d’assaut les services du ministère de la Communication lundi dernier pour chacun « palper » son pactole, très peu ont écrit une ligne sur l’évènement. La facture est lourde ; même si l’on peut admettre que pour des colifichets, de la pacotille et des projets bidons, les ferrailleurs de la mangeoire, « essore » la fortune publique, des faramineuses sommes au-dessus de celle-là. Mais, le ministère de la Communication est-il devenu une caisse d’assistance sociale ? Le chef de ce département ministériel, a-t-il pour ambition d’assainir, de dératiser ou alors la prétention de résorber les misères, la mal vie et la pauvreté ambiante au sein de la communauté des journalistes ? Les efforts que fournit Issa Tchiroma depuis quelques temps, pour rapprocher les médias à capitaux privés de la couverture de nombreux évènements de l’agenda présidentiel, sont immenses. Certes. On ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. « Mais qui trop embrasse, mal étreint », nous enseigne l’adage.

La tolérance remarquée au niveau des castings, donne à voir, la qualité des journalistes accrédités et le nivellement par le bas qui en découle. Plus on ferme les yeux sur la nécessité de procéder à un tri, à une sélection rigoureuse qui tienne compte de certaines vertus et exigences, plus certains directeurs de publication, véreux, continueront à recruter leurs personnels dans les caniveaux. Beaucoup de cadres en service au ministère de la Communication, sont d’avis qu’il faut opérer des choix, même si, l’on doit faire des mécontents et davantage de « tireurs et tueurs à gages »… On ne fait pas une omelette, sans casser les œufs. Des décisions courageuses s’imposent.
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